44 Restaurant

1.5

On a connu le lieu repensé plus sombre, il est désormais exploité au mieux pour séduire les mirettes.

Autrefois tourné vers l’intérieur malgré les ouvertures et la hauteur de plafond, les proportions sont désormais ouvertes sur l’extérieur et valorisées au mieux. Bref! Changement de nom pour les ex « Échevins ». Les anciens sont partis, les nouveaux arrivés depuis peu. Le jeune homme est amical et prévenant, accueille, accompagne, explique, cherche à mettre du rythme. Tables de bistrot espacées, serviettes en coton blanc et verre à pied. Une ardoise avec des calamars à la romaine à 6€ qui font peur mais aussi des couteaux en persillade à 7€. Une dizaine de plats de 13€ à 18€: salades, tartare, gambas, milanaise, magret, risotto, pièce du boucher, pièce du poissonnier.

Moins on en dit, moins on se mouille dans le contenu. Ça évite d’effacer l’ardoise chaque jour, vous comprenez. Faut juste que le serveur connaisse le détail: c’est le cas vérifié. Formule midi en semaine 15€. Un « poulet au citron » qu’avec le recul j’aurais peut-être dû choisir. Mais j’ai voulu faire le malin en tapant à la carte avec la fameuse « pièce du poissonnier » détaillée par le patron ainsi: « thon alla puttanesca avec tomate, ail, anchois… ». Arrive une généreuse assiette. Avec un mesclun, des patates grenailles grassouillettes vraiment agréables: seul plaisir. Car le thon est traumatisé, dur de naissance ou trop cuit, allez savoir.

A côté, le thon en boite est tendre comme du foie gras. Immangeable. La sauce: tomate, ail et persil. Pas de câpres, pas d’anchois: « alla puttanesca » n’est pas. Grâce aux patates, je transige à 11/20 quand même, malgré les 16€ demandés. Devant ma mine déçue et le thon à peine entamé, le patron m’a proposé de me faire un autre plat, si je voulais. J’ai décliné, sans lui avouer que je me réservais pour un autre restaurant. Je ne prends donc pas de dessert, non plus. L’addition siouplé. Merci. Pour ne pas à avoir à offrir le plat, le dab m’offre un café Henri Blanc pour se faire pardonner. On ne fait pourtant pas cadeau d’une punition.