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PAROLE D'EVANGILE
CHEFS AUX DOIGTS SUR LA COUTURE.
Pour certains chefs un brin chatouillés par l'ambition et l'autre brin
chatouillés par un ego surdimensionné, les conseils ou plus exactement les
oukases de Gantié sont à prendre au sérieux. Un peu à la manière d'une
parole d'évangile. Et tout le monde sait dans le landerneau des toques que
le Gantié a juré notre mort; Au point d'aller répandre l'idée saugrenue que
de se retrouver référencé dans le BAO, les prive des guides institutionnels
et même d'une certaine notoriété. On ne se savait pas si important. Du coup,
on a pris la grosse tête. La même que tous ces chefs qui se croient investis
d'une mission divine.
LE PRESTIGE CA SE PAYE!
Et du coup, ils nous écrivent pour nous avertir de leur intention ferme et
définitive de ne plus figurer dans le BAO, même en bien. Le cas le plus
rigolo et symptomatique est celui de Philippe Roldan de la Marmite des
pêcheurs aux Mées. Voilà un chef, que nous avons soutenu pendant trois
années successives, mettant en évidence ses qualités de cuisinier honnête,
sans talents excessifs mais compétent dans son style de cuisine, qui nous
menace de toutes les calamités terrestres s il venait à se découvrir dans le
BAO. Gantié était passé par là. Comme si on ne pouvait pas figurer en même
temps dans le Gantié et le BAO ! Quelques mois plus tard un journaliste de
La Provence, dans une critique, lui taille un sacré veston ! Un de ceux qui
vous habillent pour l'hiver sans que vous passiez inaperçu .Et bizarrerie de
la coïncidence, La Provence appartient au même groupe de presse que
Nice-Matin. Donc le même employeur. Il manque peut-être deux ou trois
osmoses déterminantes entre les camarades rédacteurs pour que ce genre de
bavure soit évitée. Bref, pour une critique moyenne dans un guide vendu au
compte goutte, plus apprécié semble-t-il d'une presse locale ou régionale
que du grand lectorat, Philippe Roldan se prive de l'appui d'un guide,
certes populaire, mais très suivi, et endosse en prime une méchante flèche
empoisonnée dans un quotidien tiré à plusieurs centaines de milliers d
exemplaires. Merci Gantié ! Mais le prestige ça se paye ! Et se retrouver
dans le Gantié c'est une sorte de must qui vous fait grimper d'un seul coup
dans l'Olympe de la gastronomie. C'est la voie royale vers les trois
macarons.
L'ORACLE A TOUJOURS RAISON !
Des exemples aussi ridicules que divers et divertissants, on pourrait en
donner d'autres. Le cas De Michelis des Templiers à Vence est également
révélateur. Voilà un chef que nous avons porté au pinacle, allant même
jusqu'à le mettre en couverture, tant il nous apparaissait talentueux et
qu'après le passage de l'oracle ou le grand vizir de Nice-matin, ce même
homme trouve que le BAO n'est pas assez bien pour sa pointure et qu'il est
profitable pour lui de ne plus y figurer donne l'ampleur des dégâts
collatéraux et du pouvoir d'un seul homme qui détient tous les leviers de
pression, dû essentiellement au monopole du quotidien niçois. Argumentant
lui aussi que s'il voulait devenir le chouchou des médias et des guides
prestigieux, il fallait bien faire des choix dont celui de ne plus figurer
dans ce pauvre et indigent brûlot qu'est le BAO. Résultat des courses, dans
une édition du Gantié, il s'est fait un peu limer les ailes. Normal,
l'oracle a toujours raison. Et puis pour finir, il y a eu le coup de fil du
directeur du Miramar à Théoule qui nous a rapporté carrément les bons
conseils de notre ami Gantié. Suite à l'étonnement du chef de l'époque,
Serge Gouloumès qui trouvait anormal de ne pas obtenir après tant d'années
de bons et loyaux services au Miramar son macaron au "Miche", Gantié lui a
expliqué le pourquoi du comment et tous les rouages, pour ne pas dire les us
et coutumes du guide. En clair, c'était à cause du BAO. Serge Gouloumès, ne
voyant toujours rien venir du coté des macarons et de la sainte bible, bien
après son absence chez nous, s'en est allé ailleurs faisant porter la
responsabilité à sa direction de cet état de fait. Le BAO n'y était donc
pour rien car même en faisant acte d'allégeance au pouvoir absolu et sans
partage, l'étoile ne leur est pas tombée dessus. Dommage ! On finissait par
croire nous aussi qu'on avait un certain pouvoir. Et ça donne quelques
sensations agréables et fortes.
Paul Bianco
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