L'OS ET L'ARÊTE – BàO 99

ANNE GARABEDIAN

ou

LES LIMITES D’UN GENRE

Polyvalente cumularde de la rubrique saucière dans le Landerneau chahuté de la gastronomie marseillaise et un peu autour (journaux, radio, livres, télé ça a failli) Anne Garabedian aime beaucoup ce que vous faites. Encore faut-il que comme cuisinier, étoiles vous touchiez pour être dans ses petits papiers.

Rappel! Anne Garabedian possède un temps d’antenne sur Radio France-Bleu Provence. Ses copains chefs (étoilés) y ont « micro ouvert » et ils auraient bien tort de décliner l’aubaine. Un tapis rouge radiophonique. Les attributaires avantagés de cette publicité aux frais de la princesse sont Michel Portos, mais aussi Gérald Passédat, Lionel Lévy, Ludovic Turac dont elle saupoudre parfois les nobles présences de cuisiniers de la roture, histoire d’être plus proche du peuple. Souvent de très bons chefs coincés sous le talon de la baronne au cas où le micro leur donnerait des ailes. Cette dévotion intégrale aux stricts michelinisés fait d’elle qu’on la surnomme « La piste aux étoiles » dans le milieu des cuisiniers qui ne peuvent pas la piffrer. C’est vous dire la réputation.

Le problème, c’est que « France Bleue Provence » appartient au groupe Radio France financé par l’Etat et l’impôt. Et qu’avec son émission à la gloire des copains, la multiple Anne Garabedian fait fructifier sa petite entreprise avec l’argent du contribuable. Conflit d’intérêt flagrant sauf pour ceux qui ne veulent rien voir, vous comprenez, elle est sympathique, Anne Garabedian. N’empêche.

OS CHARITE SELECTIVE 1Si elle devrait rougir du financement public au moins partiel de son activité, pour autant sa méthode de travail n’est pas exceptionnelle: on l’appelle « le journalisme d’accompagnement » ! Ou être le communicant d’un chef. Un léchage de toques structuré devenu un sport national tellement ordinaire dans le monde trouble de la sauce que tout le monde (ou presque) trouve ça « normal » . C’est vous dire la dérive. Dans le Var et les Alpes Maritimes au cours des années 1990/2000, déjà le grand reporter Jacques Gantié aujourd’hui perdu de vue émargeait pour le groupe Nice-Matin. Ce poste de journaliste lui conférait une légitimité d’apparence pour éructer son pavé annuel de restaurants généralement non testés où figuraient ses amis et frères de la toque. A tel point qu’il se croyait antichambre du Michelin. Même topo pour le « guide Pudlo » que personne ne lit non plus. Sauf que Gilles Pudlowski fut longtemps salarié des journaux DNA et Le Point. Ça incite au respect et suppose la compétence indiscutable, ce genre de réseau. Et tant d’autres…

Ah… crochepied entre coquins! On me dit dans mon oreillette que Pudlo confirmait notre accusation puisque en novembre 2012 sur son site, il balance que « Anne Garabedian est marraine et coordinatrice de Gourméditerranée » (ce qu’elle n’est plus aujourd’hui)! Association marseillaise financée par le privé comme l’industriel agro-alimentaire Brake (bon appétit) … mais surtout le public! Mettent donc la main à la poche: le Conseil Général des Bouches-du-Rhône, Marseille Provence Métropole, l’Office de Tourisme, la ville de Marseille, la CCI, l’Etat et… France Bleue Provence ! Ouééé! Autrement dit côté pile avec Gourméditerranée ou côté face avec France Bleue, Anne Garabedian est une pompe à fric des impôts. Un beau métier.

C’est la raison pour laquelle on pense sans rougir que la rétribuée du service public Anne Garabedian devrait faire la promotion d’actions dignes et respectables au lieu de faire du social-alibi qui sert de levier pour servir la soupe à ses copains cuisiniers du Michelin. Des exemples? Parfois sollicitée de l’existence d’événements culturels ou caritatifs dans sa zone de chalandise, Anne Garabedian fait la fine bouche et pratique a minima son métier de « journaliste ». Pardon, le terme m’a échappé. Elle snobera avec persistance la couverture de la trop populaire « Fête de la gastronomie » à Aubagne le 26 et 27 septembre 2015 pourtant honorée de la présence de 5 cuisiniers dont Dominique Calcerano passé par un certain Pierre Gagnaire. Qui ça? Manifestation qu’elle décline d’un revers de main vu l’insupportable absence de disciples d’Escoffier et autres nobles michelinisés parmi l’assistance. Elle préfèrera se frotter la côtelette avec émoi du côté de la ville voisine Cassis où gloussent ses protégés de chefs étoilés encartés à l’association Gourméditerranée au programme pour les « Vendanges Etoilées » ! Notamment le chouchou Ludovic Turac, le fils de son père Jean-François Bérard et le fils adoptif d’Axa Lionel Lévy !

OS CHARITE SELECTIVE 2Autre exemple? Pourtant avertie que le restaurant tenu par Aram Atanasyan de « La Table du Chef » à Marseille (passé par Lucas Carton et le Crillon) organisait le 25 février 2016 un repas caritatif  au bénéfice de l’association « Fée des rêves » , Anne Garabedian fait la sourde oreille. Avec l’étiquette France-Bleu Provence sur le pif, elle jugeait plus avantageux le 4 décembre 2014 d’être au service de la honteuse propagande sociale de « Mac Donald » lors d’une manifestation à l’Hôtel Intercontinental de Marseille de son ami Lionel Lévy. L’industriel du hamburger sachant mettre les moyens de sa com’ où il faut, quand il faut. Ou la mise en œuvre d’une horripilante charité sélective grossièrement guidée par les intérêts personnels.

OS CHARITE SELECTIVE 3Il semblerait toutefois que le vent tourne à la direction de « France-Bleu Provence » et que la « Sœur Sourire » des grandes toques marseillaises n’y soit plus tellement en odeur de sainteté. Comme dans la grande famille de la gastronomie médiatique tout le monde se connait à force de cocktails, de bisous partout et de mimis aussi, Anne Garabedian serait en négociation avec… Gault et Millau (rires)! Qui n’avait pas besoin de ça pour décliner en crédibilité. En effet: faire des tests de restaurants en étant anonyme quand on balance son minois 10 fois par jour sur les réseaux sociaux, ça va être compliqué… de ne pas se marrer!

Olivier Gros