L'OS ET L'ARÊTE du Bouche à Oreille n°83 Sep 2012

ALAIN MARI, CUISINIER-COIFFEUR

LE MERLAN DU GAPEAU

Et on apprend à 10h du mat’ le 29 juin 2012 sur la radio France Bleu Provence que Alain Mari, co-chef avec fiston du restaurant « le Moulin du Gapeau », serait coiffeur de métier. A écouter, c’était très amusant:

Linterviouveur téléphonique Bernard Loubat de France Bleu:

« alors Alain Mari, vous avez un parcours complètement atypique. Vous étiez coiffeur, c’est ça?

– « Comment? euuuh enfin non… » bafouille l’intéressé visiblement déstabilisé. « En fait c’est mes parents qui au départ (…) j’ai toujours été en cuisine même si c’était pas en professionnel (…) j’ai attendu que mon fils ait les diplômes pour les passer aussi » ajoute t’il d’évidence fort gêné par le détail que le fameux cuisinier aura mis tant d’années à cacher! Il escamote, noie le poisson: « Mes parents étaient coiffeurs mais ma mère cuisinait beaucoup… « . Bref, un classique rhétorique. Le coup de tous les chefs improvisés directeur marketing de leur propre cause: j’ai appris à cuisiner avec ma mère et ma grand-mère. On allait tuer les épinards la nuit à la lueur de la bougie et on pêchait du sanglier dans le ruisseau le dimanche après la messe.

Pas question de critiquer le métier de coiffeur, ni aucun autre. Juste qu’il est quand même rigolo de constater qu’en se ré-inventant un passé, notre cuisinier de Belgentier (83) nie le réel de son existence. Cumulé à l’obsession de la médaille et des honneurs, ça explique bien des choses. Sans parler de l’obsession des hiérarchies. Les pires intégristes au sein des associations dévolues à la cause des restaurateurs sont souvent des personnes non nées dans la gamelle. Palsambleu! Un roturier! Et tête de gondole maladive de toutes les associations que le Var invente pour la cause de la tambouille par-dessus le marché! Et il n’est pas l’unique exemple à vouloir se refaire une virginité… à ses propres yeux! Nous autres au BàO, on s’en tape des médailles et des diplômes de chefs! Nombreux sont les restaurateurs « autodidactes » référencés dans notre petit brûlot de la sauce! Les personnes arrivées sur le tard ont généralement choisi de faire ce satané métier! Contrairement à beaucoup de ceux qui pratiquent depuis l’âge de 14 ans! Le client veut du professionnalisme, pas des médailles!

M’enfin bon. Comme il adore les honneurs et les journalistes courbés, les mauvaises langues qui écoutaient l’émission radio commenteront que tombé très tôt dans les pellicules expliquerait la propension d’Alain Mari à toujours vouloir être devant sur la photo. On n’échappe pas à son destin!

Olivier Gros