L'OS ET L'ARÊTE du Bouche à Oreille n°78 Juin 2011

PIERRE PSALTIS JOURNALISTE DE L’IMPOSSIBLE
ET REPORTER VERS LA CANEBIERE

IL MANGE… DES DOSSIERS DE PRESSE!

Selon les pages jaunes de Marseille quand vous pianotez « restaurant », il sort près de 1000 adresses! Pas mal… mais non! « C’est pas mon problème » dirait Pierre Psaltis d’un revers de la main en croquant une tomate cerise, son fruit préféré. Il préfère causer des restaurants pas encore ouverts! Le présent l’indiffère! Notre pisse-copie du rayon commérages et cuistance de la Provence glose sa prose au futur!* Remarquez que c’est pratique pour un critique gastronomique: on ne grossit pas. Se croit-il un journaliste d’avenir pour congédier ainsi le présent de l’indicatif, le plumitif du groupe Hersant? Notons avec regret qu’il n’est pas l’unique journaliste gastronomique à pratiquer ce sport très prisé qu’est le remodelage de dossier de presse déguisé en « info incontournable ».

Extraits de l’admirable enquête d’investigation disponible sur internet* où les fins grammairiens noteront que le futur est très… présent! « Ce nouveau restaurant-brasserie installé dans l’hyper centre voit arriver la fin de ses travaux…/… La carte alignera des propositions françaises traditionnelles…/… Le point fort du Malthazar, ce sera sa déco de style Henry II, des objets chinés qui conféreront au lieu un style inimitable…/… Le Malthazar devrait ouvrir le 23 février… ». Même le titre visionnaire de cette publicité à peine masquée s’essaie avec succès au ridicule: « La nouvelle brasserie du centre-ville de Marseille s’appellera Malthazar ».

C’est intéressant hein? L’article (appelons ça comme ça) joue évidemment avec l’effet d’annonce pour faire monter la sauce chez le commerçant qui, à n’en pas douter, est dans les petits papiers du gratte-papier du vendeur de papier Hersant! Vous me suivez? Le genre n’est pas nouveau mais quand on se prétend chevalier blanc de la tambouille phocéenne et qu’on crie « à la déontologie » du métier… Psaltis n’en est d’ailleurs pas à son coup d’essai!**

Que le taulier du Malthazar remue ciel et terre pour réussir son inauguration et activer son bizness: pas de problème! Perso, j’userais avec délice des mêmes leviers si j’étais confronté à des journalistes qui acceptent de passer les plats! Sans manger! Un comble pour un critique culinaire! Doublé d’une habitude de plus en plus commune et admise! C’est pourtant une dérive de la fonction de journaliste pourtant incompatible avec ses statuts.

Olivier Gros


* http://blogs.laprovence.com/comptes/ppsaltis/index.php/post/12/02/2011/La-nouvelle-brasserie-du-centre-ville-de-Marseiile-sappellera-Malthazar
** http://www.le-bouche-a-oreille.com/os/brun.html