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EGALITE : POIL AU NEZ !
REVUE DE DETAILS
Articulet sur la condition de restaurateur sérieux au XXIème siècle :
La vie d'un artisan-restaurateur (à quand d'ailleurs un label sérieux ?) est
de plus en plus compliquée. On s'aperçoit vite que la mécanique économique
concoctée par l'expert de la chose fait la part (plus ou moins) belle à deux
types d'entreprises. D'abord, celles bénéficiant du régime fiscal de la
"micro-entreprise" : ne pas dépasser un chiffre d'affaires de 76300 E HT/an.
Pas d'employé(s), non assujettie à la TVA bref, l'"affaire de couple" par
excellence. On vivote. Avantage pour l'Etat : faire passer bon nombre de
"salariés" (chômeurs potentiels) au statut de "travailleurs indépendants"
("créateurs" de leur propre emploi). Seconde catégorie : les "groupes", les
multinationales, les mastodontes du chiffre d'affaires. Objectifs clairs :
parts de marché et rentabilité. On murmure (de plus en plus fort) que les
lois seraient fabriquées pour ces méga-sociétés : le "lobbying" fait son
oeuvre ! Des exemples ? Exonération de charges, subventions à l'emploi,
chantage à l'emploi, les 35h, les bataillons d'apprentis, les normes
d'hygiène et j'en passe !
DE 1 A 9 SALARIES : PAN SUR LA TOQUE !
On en arrive à notre "coup de gueule" ! Les restaurants intermédiaires
situés entre les deux catégories sus-citées (les plus nombreux, comprenant
entre 1 et disons...9 salariés !) sont les vaches à lait du système !
L'impact de la législation est bien différent selon la structure de la
boutique ! Exemple ? La récente hausse du SMIC dans la restauration ! Tu
paies au SMIC tes employés* ? Exonération(s) de charges dans de nombreux cas
(demandez à votre comptable) ! Et les congés supplémentaires ! La loi est
plus ou moins indigeste selon le profil de l'établissement ! C'est OK pour
les grosses structures ! Mais la mise en application de la législation ne
fait que compliquer l'organisation humaine et aggraver la situation
financière de la PME ! Facile à comprendre. Très grosse boutique : 5
cuisiniers. Réduction de 20% du temps de travail. On embauche un 6ème
cuisinier. Reste que pour le resto "entre 1 et 9 salariés" impossible
économiquement de "doubler" un poste ! Résultat : réduction des horaires
d'ouverture de la boutique ! Ou le contraire, l'ouverture "7j/7" attestant
d'un vrai courage de l'entrepreneur. Dans ces deux cas, la corde peut
"casser" à tous moments !
ALLO L'ANPE ? ON A BESOIN DE MONDE !
Côté emploi, la demande est forte et l'offre insuffisante. Ça vous étonne ?
Même que de janvier à juin 2002, les offres d'emplois dans la profession
étaient 1,6 fois supérieure à la demande ! Contradiction ? Pas tant que ça !
Qui veut encore bosser le soir, le week-end, à la St Valentin, à Noël ? Pour
le SMIC ? Qui ? Oui : ceux qui ont faim et pas le choix ! Mais pas ceux qui
ont envie : ils existent mais sont rares...et tenaces ! Et se mettent vite à
" leur compte " ! Le cas de figure du brillant chef Dominique Frérard,
salarié du Sofitel "Vieux-Port" est l'exception qui confirme la règle : s'il
était son propre patron, il ne gagnerait jamais aussi bien sa vie. Et
travaillerait le week-end.
BILAN : FAUT PAS CHERCHER "MIDI A 14 HEURES"
Débuts de solutions ? Moins taxer le travail ? Compenser par l'impôt sur les
bénéfices ? Ou alors, exonérer de certaines "charges" les salaires
supérieurs d'au moins 40 % du SMIC ! Et non pas exonérer le SMIC lui-même !
Un comble d'avantager celui qui paie le moins, non ? En plus, les employés
auront de l'argent pour consommer. Et aller au resto par exemple ! Quoi ?
Hein ? J'en entends un de derrière mon stylo qui me souffle que "c'est plus
compliqué que ça..." ? Y en a toujours un l'air expert et grave qui vous
assène que "c'est plus compliqué que ça". Toujours. Comment ouvrir et
péréniser un restaurant ? Tout en s'imposant un cahier des charges :
produits de qualité, service pro, cave à vins sérieuse, plateau de fromage
(j'y tiens !), rénovation ou amélioration des murs. Vous cherchiez quelque
chose de compliqué ? Bingo ! Ça, c'est compliqué !
*En 2000, le salaire net annuel moyen dans les CHR (temps complet) est de
14900 E. Soit 11,3% inférieur à ceux du secteur privé et semi-public (source
INSEE).
Olivier Gros
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