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UN VENT DE FRONDE COMMENCE CONTRE LE MICHELIN
CERTAINS RESTAURATEURS REFUSENT ENFIN TOUTE DISTINCTION DANS LE GUIDE ROUGE
Ça y est, c'est arrivé ! c'était à prévoir ; à force de pousser les
restaurateurs vers la faute et l'investissement à tout crin, au risque d'en
reperdre le bénéfice après un incompréhensible retrait du pictogramme qui
tient lieu de littérature et d'explication, le "Miche" ne fait plus
l'unanimité dans la profession et mieux, certains restaurateurs comme la
"Chancelière" à Tours, préfère se passer de toute référence dans la bible
dite rouge, et mettre à profit la différence de frais et de luxe dans le
prix. Et ce n'est qu'un début, car cette tendance va s'affirmer, se
confirmer dans les années à venir. Les gens de la profession commencent à en
avoir marre d'être sous la tutelle, l'oukase, la pression d'un guide qui
décide de tout à leur place. Le vent de fronde est donc amorcé. L'air du
temps n'est plus aux mignardises inutiles d'un luxe ostentatoire qui pèse
trop sur les prix et qui prive le restaurateur de dégager quelques bénéfices
indispensables à sa survie. Nous sommes entièrement d'accord pour
l'originalité d'un décor, pour un maître d'hôtel stylé, pour un sommelier
érudit de cépages, mais point trop n'en faut si cela doit nous priver du
raisonnable en matière de prix. Certes, il nous faudra toujours quelques
exceptions car elles confirment la règle et parce qu'on a besoin aussi de
l'exception pour les journées exceptionnelles.
Paul Bianco
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