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BRUNO AUX "GRANDES GUEULES" DE LA 2
ENCORE LA PUREE DE SA GRAND-MERE
"Moi j'ai des choses à dire mais personne veut m'entendre !" Ainsi parlait
Bruno à l'émission les "Grandes Gueules" de Patrice Laffont sur la 2. On a
envie de lui dire, avec le recul, qu'il eut été préférable que personne ne
l'eut entendu. Car sa énième fanfaronnade télévisée a ridiculisé à la fois
le Var et la profession de restaurateur. Ce qui fait beaucoup de monde.
Comment un producteur de télé peut en arriver à inviter un personnage aussi
grotesque que Bruno sur un plateau de télé. Si la bouffonnerie n'était que
son seul credo, ça ne serait qu'à moitié supportable ; mais il y a cette
indécence permanente qui fait de cet homme un égotiste démesuré. Parler sans
cesse de sa grand-mère passe encore, après tout il lui vouait une véritable
adoration, mais dénigrer la purée de Robuchon pour placer celle de sa
grand-mère, y a comme une pantalonnade qui a dû mettre mal à l'aise tous ses
proches. S'il veut faire du Pagnol, il faudra qu'il mette un peu de bon sens
dans ses réparties; S'il veut continuer à faire rire les gens du Nord, c'est
parfait. Et pour couronner la farce, cet homme qui a de lui une grande
opinion, s'en est non seulement pris aux chefs et restaurateurs confrères,
mais plus comiquement leur a demandé d'être plus humbles. Je vois d'ici la
tête des chefs en question qui n'ont pas fait peindre de leur vivant une
fresque au frontispice de leur établissement, les dépeignant comme
Jésus-Christ devant ses apôtres. Bruno l'a fait. Il l'a osé. Pour mémoire,
je rappelle à notre héros des "grandes gueules" ce que dit le Larousse du
mot humble : "modeste, réservé, sans éclat, sans prétention ou sans
importance". Monsieur devrait consulter de temps en temps le petit larousse
; surtout avant d'aller sur un plateau de télé. Pour finir, ce grand chef
autodidacte s'est fait une sorte de promotion en répétant à l'envi que lui,
il virait des clients qui ne lui plaisaient pas. Ça fait joli dans le décor
et s'il y a encore des non virés qui n'ont jamais essayé d'aller à Lorgues,
c'est le moment où jamais de tenter l'aventure. C'est la profession de
restaurateurs qui en est sortie grandie de cette misérable foire aux
vanités.
Paul Bianco
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