ÉDITO du Bouche à Oreille n°108 Nov 2018

TEL L’ARAPÈDE SUR LA COQUE D’UN RAFIOT

« Le Bouche à Oreille »: une simple idée du guide de restaurants tel qu’il doit se faire. Quand on voit la « concurrence » encenser certains établissements et en sous-estimer voire oublier d’autres, il est à peu près normal que le lecteur ne fasse plus confiance aux guides! Le copinage était trop gros! D’où le succès d’un site comme TripAdvisor où le moindre hurluberlu s’épanche, contrarié par une digestion difficile pour cause de PV choppé devant le resto. Quand c’est pas le confrère aigri ou son beau-frère qui se défoulent! Notez que pour avoir de bons avis sur votre restaurant, le moyen pratique est de faire appel à des sociétés qui mettent des avis positifs contre rémunération!*

De notre côté, le propos n’est pas (et n’a jamais été) de faire une entreprise de démolition des restaurants, bien au contraire! Juste d’essayer de rencarder proprement notre lecteur. Si nous portons au pinacle une table, notre plus grande joie sera de lui apporter foule et clientèle, conséquence d’un travail d’information sérieux. Notre modèle économique ne peut pas fonctionner en racontant des sornettes depuis 28 ans, tout simplement.

Quand la taule est mauvaise, on n’a pas le choix: on ne s’embrouille pas dans les euphémismes pour dire que c’est un scandale! On dit quand les bons sont bons et quand les mauvais ne sont pas bons. Si ça fait des heureux chez les restaurateurs appliqués, ça fait des contrariétés en cascade et des courroux en série chez les autres mais après tout, chacun son boulot! Et même qu’on peut se tromper. L’infaillibilité n’est pas notre principal souci puisque nous avons l’humilité facile. Nous retournerons sur l’ouvrage si nécessaire et nous payerons (une fois encore) notre repas.

Chaque restaurant référencé dans « Le Bouche à Oreille » a scrupuleusement été testé au cours de l’année précédente. Cette pratique est unique… avec celle de payer notre repas et de refuser avec assiduité les invitations aux « déjeuners de presse »! Ceux des restaurants qui pensent que tout s’achète et pire: que c’est « normal ». Voilà qui nous différencie des pages jaunes et du blogueur courbé recopieur régulier de dossiers de presse prêt à tout pour manger à l’œil et narrer l’épisode comme s’il possédait le prix Albert Londres de la soupe. Non mes petits fripons: on ne lâche rien, tel l’arapède agrippé à la coque d’un rafiot.

Olivier Gros


http://www.le-bouche-a-oreille.com/os/tripadvisor-et-les-maitres-chanteurs/