ÉDITO du Bouche à Oreille n°69 Mar 2009

LES STYLOS DE BOIS

On réveille tous les rouscailleurs du monde de la tambouille! Les cuisiniers! Les copains des cuisiniers! Les journalistes de la chose! Et même les ceux qu’ont rien à voir mais qui font des billes toutes rondes devant une telle liberté de ton! On nous affuble de tous les sobriquets! « Fanzine » par exemple! Mais aussi « brûlot »! Les deux sont flatteurs! Beaucoup moins « guide touristique »! Le BàO est même le contraire d’un guide touristique! En tous cas, aucun doute là-dessus: le BàO n’est pas encore entré dans les mœurs! Le veut-on? Si oui, faudra attendre encore un peu! Le chœur aubergiste et le corps lectoral avouent ne pas être habitués à lire des guides pareils, qui disent les choses, rédigés sans stylos de bois et qui appellent un chat un chat! Un chamboulement dans le train-train lénifiant que nous fabriquent les médias à longueur d’images, de lignes et d’ondes, avec leurs armées de faux impertinents et autres laquais épistoliers enfonceurs de portes ouvertes qui écrivent en fonction de l’épaisseur du dossier de presse posé sur leur bureau ou d’autres intérêts plus ou moins occultes! Nous en avons souvent parlé! Le propos permet à nos détracteurs de nous taxer « d’extrémistes » comme l’aura fait l’un d’eux sur le forum de notre site Internet! Sauf qu’on ne parle pas de « complots », on prend des « photos ». Il nous arrive même d’avoir des doutes et parfois, vous allez rire, on se trompe. Mais on informera dans notre style si particulier tant qu’on prendra plaisir à faire not’ boulot et tant que le lecteur lira et adoubera notre travail. Au cas où certains seraient durs d’oreille quand ils feuillètent notre prose avec un haussement d’épaules dédaigneux, le BàO est un guide de restaurants fait pour l’amateur de la chose, et pas pour le restaurateur. Ça n’a l’air de rien dit comme ça, mais observez bien quand, par exemple, les chefs se mettent à refuser « les étoiles ». Qui décide de ne plus être dans un guide? Faudrait donc voir à pas mélanger les genres! De notre côté, quand le restaurateur est plébiscité par nos services dirigés d’une main de fer par Mauricette, il a l’occasion d’applaudir l’efficacité de notre travail…grâce au lecteur qui se précipite à sa table! Sans lecteur: pas de « Bouche à Oreille »! C’est lui qui nous fait durer en adoubant notre prose trimestrielle et en usant des infos de notre site Internet!

Olivier Gros