ÉDITO du Bouche à Oreille n°89 Mar 2014

LE RADEAU MICHELIN

LES COPAINS D’ABOOORD

Alors même que nous clôturons ce numéro du Bouche à Oreille au bout de 3 mois de belles surprises et de superbes déceptions ponctuées de magnifiques déconvenues sort le palmarès du Michelin 2014, fourni par sa douzaine de testeurs patentés pour un total de 4384 restaurants… soit pile-poil 365 restaurants par an et par cobaye! Un par jour, ouic-end et jours fériés compris! On ne va pas critiquer: il s’agit de notre propre rythme de croisière au BàO! Mais alors, pour quelle raison la plupart des établissements ne sont visités que tous les 3 ans? Un des mystères du fameux guide rouge dans lequel ne se retrouvent plus la majorité des amoureux du restaurant. C’est qu’un guide doit découvrir les nouvelles tables, renifler la tendance, s’inspirer de l’inédit et non le repousser. Tandis que le miche se cantonne à confirmer les chefs, adoubant leur cuisine déjà sur des rails. D’où le train de retard du guide rouge.

Et puis les poilades! A Marseille, Lionel Lévy retrouve son étoile à « Alcyone » ouvert après l’été 2013. Pour avoir mangé aux « Fenêtres » voisines dont il tient les rênes, ça tient du miracle! Double miracle d’ailleurs! Puisque le Michelin est passé à « Alcyone » alors que la peinture était encore fraiche… tandis que nombre de restaurateurs naïfs de la ville attendent benoitement depuis des années qu’un inspecteur vienne goûter leur cuisine. Deux étoiles pour la « Villa Madie » à Cassis d’un Banzo débarqué et remplacé par Dimitri Droisneau, passé par la Réserve de Beaulieu (06). Lors de notre passage en 2013, c’était fameux! Parlons bizness: à l’instar d’Axa pour l’Hôtel Intercontinental de Marseille, Sodexo assure les arrières de la Villa Madie… Aux Baux de Provence (13), André Charial pleurniche la perte de son étoile tenue par l’excellent Michel Hulin, chef de la Cabro d’Or. Sans doute faisait-il un peu trop d’ombre à l’Oustaou de Baumanière qui conserve ses deux étoiles!

Allez hop! Passons aux questions importantes! Notamment celle qui concerne le quotidien de beaucoup d’enfants: la cantine scolaire! Allez directement en page 68 et agissez rapidement. Et si possible avant les élections municipales pour un impact plus efficace de la démarche. Sauf si ce que mangent à la cantine vos enfants, votre neveu, votre petit cousin et votre voisin leur convient.

Olivier Gros