ÉDITO du Bouche à Oreille n°65 Mar 2008

DRÔLE DE MÉTIER!

J’avoue être parfois gêné de l’avouer. La plupart de mes contemporains travaille pour manger, alors qu’avec Mauricette, on mange pour travailler! Vous parlez d’un boulot! Enfin bon! C’est pas tous les jours rose non plus! Surtout avec Mauricette et ses talons-aiguilles 46, son chapeau vert en forme de chapiteau, son sac à main des années 50, sa façon de controverser avec les tables voisines pour un oui pour un non. Et moi blanc de l’œil fatigué, tête rentrée dans les épaules et col de chemise au niveau des oreilles …voyez le tableau?

Deux pas en avant, un pas en arrière. La radicale loi sur la clope dans les CHR n’en finit pas de faire chroniquer dans les chaumières. Force pression et lutte d’influence, paraît même qu’on pourrait installer des fumoirs dans les bars. A quand les buvoirs dans les bars avec une nouvelle loi sur l’alcoolémie?

Au jeu de l’intox des médias qui redouble à chaque fois que des élections approchent, l’éventuelle baisse de la TVA pour les restaurateurs. Il paraîtrait que…eh oh! Plus personne n’écoute?… Vous connaissez la musique?… Y’en a marre… eh! Attendez…Vous êtes passé au paragraphe suivant?

Le voilà. Problème économique: sachant que les salaires tirent vers le bas, que le nombre de chômeurs est en augmentation, qu’à l’instar de ceux de la ménagère les produits qu’utilise le cuisinier ont pris une sacrée grosse augmentation et que cette augmentation des fabricants ne se répercute pas sur leurs salariés qui pourraient aller au restaurant s’ils en avaient les moyens, dans combien de temps le système implose?

Deuxième problème. Connaissant le prix des téléphones portables et des abonnements qui vont avec, combien de personnes qui se plaignent de ne pas pouvoir aller au restaurant préfèrent dire « devine d’où je t’appelle? » au lieu de « devine où j’ai mangé? »

Pour finir, ces statistiques données dans « Harper’s Magazine » d’octobre 2007 qui font état de « l’augmentation de la quantité de nourriture absorbée quand un individu mange avec une autre personne »… +35%! Mieux: « quand il mange avec quatre ou sept personnes »…respectivement +75% et 96%!

Et quand comme Mauricette, l’individu mange comme quatre?

Olivier Gros